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... et plus si affinités
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Traduit du russeDepuis 1991, la pratique photographique de Xavier
Lucchesi est intimement lié au médium de la radiologie. Il a ainsi radiographié l'inaccessible idéal de féminité des poupées Barbie, le « mystère » des sculptures africaines du Musée des arts d'Afrique et d'Océanie, MAAO, des rencontres entre des personnes vivantes, le kitsch émouvant des objets russes, l'aura des choses. Cette série de photographies d'objets russes date de 1993. Les remettre en espace aujourd'hui, alors que le contexte social, politique et économique a totalement changé dans l'empire éclaté, c'est retrouver les traces insistante qui perdurent dans des objets chargés de sens depuis la Russie des tsars, et qui ont traversé, intact, la Révolution et le communisme. Des objets liés à une gestuelle culturelle,
des objets de l'environnement immédiat, des objets investis
d'un poids symbolique, des objets qui constituent un langage commun
et qui établissent la relation entre l'histoire individuelle
et l'Histoire. De banal à précieux parmi d'autres, l'objet peut, au fil des circonstances, devenir unique ou fétiche. Xavier Lucchesi emprunte son vocabulaire artistique à la photographie dans sa tradition de reproduction de l'objet, mais également d'interprétation. Il joue des modifications du statut de l'objet, d'objet de la vie quotidienne à objet d'art, d'exposition, par l'entremise de l'image. Anachroniques il y a cinq ans, les bustes de Lénine, les encriers baroques, les icônes et les cigarettes russes sont aujourd'hui les signes patents d'un monde « border-line ». L'état de désolation du pays et d'engloutissement de ses habitants situe la Russie entre deux mondes , l'un virtuel et l'autre en ruines, et ces objets représentent les jalons accompagnant une mutation qui les fera exister conjointement entre les grands poncifs occidentaux et les particularismes locaux. Joëlle Busca 1999 |
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