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Passage

Bien sûr, on le sait, le corps, notre corps, disparaîtra. Un jour il ne sera plus que poussière.

- Et alors quoi ! ne cesse de se demander l'homme ?

- Alors, rien !

Et ce rien, indéfiniment, le pétrir, le faire lever, lui donner vie au moins un instant.
Et chaque fois redire le mystère de la création, ce devenir visible d'une forme, son émergence dans la lumière. Pourtant, âpre est le combat qui trame ses batailles dans l'esprit de l'homme.

Sans la matière, il ne saurait dire qu'il sent et vibre, s'écartèle et se rassemble, est et existe. Sans la matière, il ne pourrait imaginer que les étoiles sont ses sœurs et l'univers un autre lui-même plus étendu plus vaste et peut-être moins impénétrable que lui-même.
Mais cette matière, sur laquelle viennent se briser les rayons du soleil, il désire infiniment s'en défaire, la fuir ou la nier, la trahir ou y renoncer. Car en lui il y a, désir ou nostalgie, une force qui le pousse vers un monde d'exacte perfection, où tout enfin serait lié, où l'unité s'accomplirait dans la diversité en une noce sans fin.

Martial Verdier sait à la fois qu'on ne peut passer d'un monde à l'autre que métaphoriquement tant que règne la matière, mais il sait aussi qu'il est possible de conduire cette matière sur le chemin de sa transmutation. N'est-ce pas en devenant lumière que le corps doit pouvoir pénétrer dans le monde des correspondances ?

La photographie se trouve alors confrontée à l'une de ses plus terribles tentations qui est aussi l'une de ses limites : reconduire le visible au lieu de sa nostalgie, à la lumière pure, symbole et nom de ce qui est digne d'être contemplé. Pour y parvenir, Martial Verdier nous dit que le corps doit accepter de passer par une étape où il devient grain, grain de matière lumineuse, grain de pure lumière.

Et alors, il y est, oui, de l'autre côté, là où « tout n'est qu'ordre et beauté, luxe calme et volupté ».

Jean-Louis Poitevin

 


Martial Verdier

perturbe les repères de la perception, l'image se montre elle-même en même temps que son sujet.

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